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Présentation de la DREES et de ses
activitésLa DREES (Direction de la recherche, des études, de
l'évaluation et des statistiques) a été créée en novembre 1998 pour
remplacer le SESI (Service des statistiques, des études et des systèmes
d'information) en étendant ses missions et en intégrant celles de la MiRe
en matière de recherche. La DREES est une direction commune au ministère
de la Santé, de la famille et des personnes handicapées, et au ministère
des Affaires sociales, du travail et de la solidarité. Elle est chargée
d'assurer la production régulière et fiable des statistiques utiles aux
ministères et aux acteurs sociaux. Elle conçoit l'appareil statistique et
les systèmes d'information, dont elle veille à assurer la cohérence. Sa
déontologie et ses méthodes de travail sont identiques à celles de
l'INSEE, avec qui elle travaille en étroite coordination. Elle a
vocation à constituer un pôle d'expression et de référence dans le débat
social sur les questions de santé, d'action sociale et de protection
sociale, en diffusant largement les données statistiques et résultats
d'études, d'évaluations et de recherches dont elle est à l'origine. Elle
effectue également à ce titre divers travaux de synthèse, notamment les
comptes de la santé et de la protection sociale. En liaison avec les
autres directions, elle est chargée d'élaborer le programme annuel
d'ensemble des opérations statistiques et des études, évaluations et
recherches conduites au sein des deux ministères, en intégrant la demande
sociale et les besoins de ses différents partenaires. Elle contribue à
promouvoir à la politique d'évaluation dans leur champ d'intervention, à
en concevoir les méthodes et à les mettre en ¦uvre.
Structure et positionnement
La DREES comporte, entre autres : - la Mission de la recherche
(MiRe) ; - un département des méthodes et des systèmes
d'information ; - une sous-direction de l'observation de la santé et
de l'assurance maladie, qui suit les établissements de santé, les
professions de santé et l'état de santé de la population, les dépenses de
santé et de l'assurance maladie ; - une sous-direction de
l'observation de la solidarité qui suit les établissements sociaux,
l'action sociale locale et des professions. Elle est chargée de l'analyse
de la lutte contre l'exclusion, et de celle de la politique de la
vieillesse, du handicap et de la dépendance. Cette sous-direction comporte
un bureau de la démographie et de la famille ; - une
sous-direction des synthèses, des études économiques et de l'évaluation
qui produit les comptes et synthèses, des analyses, des prévisions
d'ensemble et des études structurelles. La DREES s'appuie aussi sur
des échelons statistiques en région, implantés dans les directions
régionales de l'action sanitaire et sociale (DRASS). Elle comporte
environ 170 personnes, dont une cinquantaine sont mis à disposition par
l'INSEE. Pour leur part, les services statistiques des DRASS regroupent
environ 130 personnes, dont environ 35 attachés de l'INSEE mis à
disposition pour en assurer l'encadrement.
Animer la recherche
La Mission de la recherche (MiRe) a été rattachée à la DREES dès sa
création. En liaison avec le ministère de la recherche, elle définit les
orientations de la recherche et développe des actions visant à mobiliser,
en particulier par le biais d'appels d'offres, les organismes de recherche
sur les questions de santé, de solidarité et de protection sociale qui
paraissent prioritaires. Elle assure l'interface entre le ministère et le
milieu de la recherche, et participe à la tutelle de grands organismes de
recherche rattachés aux ministères, comme l'Inserm et l'INED.
Animer les services déconcentrés en
matière de statistiques et d'études
La DREES est également chargée de développer l'animation des directions
régionales de l'action sanitaire et sociale (DRASS) en matière de
statistiques et d'études. Dans chaque DRASS, un service statistique
apporte ses compétences techniques pour aider les services déconcentrés à
exercer leur responsabilité propre dans la mise en ¦uvre des politiques
des ministères. Ces statisticiens contribuent largement à la réalisation
des grandes opérations nationales de collecte statistique, comme la
Statistique annuelle des établissements dans le champ de la santé ou bien
les rapports de secteurs dans le domaine de la santé mentale. En outre,
la DREES participe, avec la DRASS, à l'orientation des travaux des
observatoires régionaux de santé financés par le budget du ministère. Elle
engage certains travaux directement avec les ORS : ainsi, l'enquête sur
l'alcoolisation excessive des patients au sein du système de soins, qui a
été réalisée en 2000, puis exploitée et publiée, en étroite collaboration
avec les ORS, leur fédération nationale et les statisticiens des DRASS.
De nombreux partenariats
L'activité de la DREES suppose la mise en place de nombreux
partenariats, de nature diverse : avec les professionnels, les chercheurs
et les organismes de recherche, les associations, les autres services
ministériels, les agences...
L'élaboration des programmes de travail :
intégrer la demande sociale Chaque automne, l'élaboration du
programme de travail de la DREES fait l'objet de nombreuses consultations,
tant auprès des directions des deux ministères que des partenaires sociaux
et professionnels concernés. Tous sont appelés à s'exprimer, sur la base
d'un projet de programme, sur leurs souhaits et leurs besoins de données
et d'études. Les projets sont également présentés aux autres organismes
menant des travaux statistiques ou d'études dans des domaines communs (par
exemple, pour ce qui concerne la santé, les caisses d'assurance maladie,
le CREDES, l'InVS,Š), afin d'éviter les redondances et de développer les
partenariats. Enfin, au printemps, le programme de travail et les
nouvelles opérations d'enquêtes sont présentées au Conseil National de
l'Information Statistique où peuvent s'exprimer partenaires économiques et
sociaux.
L'élaboration des projets et
le suivi des travaux statistiques ou d'études : comités de pilotage,
groupes de projet, conseils scientifiques La production et
l'analyse de données statistiques suppose une large concertation autour
des objectifs, des méthodes et des résultats des travaux engagés. Les
opérations statistiques de la DREES sont ainsi généralement préparées par
un groupe de projet restreint, puis présentés à un comité de pilotage qui
réunit experts, représentants des professionnels concernés, usagers,
partenaires sociaux, administrations. C'est en fonction de ce travail
préparatoire et des réactions suscitées par le projet que la DREES décide
finalement de la méthodologie du projet. Les premiers résultats sont
également présentés au comité de pilotage et au groupe de projet. En
retour, des experts de la DREES participent à divers conseils
scientifiques (en particulier ceux des agences sanitaires, d'organismes
d'études comme la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et
la toxicomanie...) ou comités de projets comme ceux des enquêtes INSEE
effectuées sur leur domaine de compétence. Ce partage de conseils et
d'expérience est une garantie de qualité et de bonne acceptabilité des
travaux d'études engagés.
L'élaboration des programmes de recherche
de la MiRe : le conseil scientifique et les comités
scientifiques La MiRe s'appuie sur un conseil scientifique pour
définir ses grandes orientations et sur des comités scientifiques pour
chacun de ses programmes. C'est ainsi que le programme Santé mentale
s'appuie sur un comité de 15 membres. Une particularité de ce comité est
qu'il composé à la fois de chercheurs relevant de différents organismes
(CNRS, Inserm, université), de médecins cliniciens psychiatres et
généralistes, de représentants d'instances ministérielles (DGS, DHOS, IGAS
et DREES) et d'un membre de l'Union nationale des amis et familles des
malades psychiques, l'UNAFAM. La MiRe lance aussi des actions en
partenariat. Le programme santé mentale est réalisé depuis 2002
conjointement avec l'Inserm et le CNRS dans le cadre du programme
interdisciplinaire Sciences biomédicales, santé, société.
Les accords et programmes de travail
bilatéraux Certains partenaires s'engagent avec la DREES dans
des échanges de données ou des programmes de travail communs. Des
conventions ou accords de cette nature sont par exemple régulièrement
signés, dans le domaine de la santé ou des données socio-démographiques,
avec la CNAMTS, l'InVS, et bien sûr l'INSEE. Divers travaux sont également
réalisés en étroit partenariat avec le CREDES, à travers diverses
conventions (réalisation de comptes par pathologies, par exemple) ou
collaborations plus informelles (par exemple pour les études à visée
évaluatives autour de la mise en place de la CMU).
Le cadre juridique et déontologique de
la collecte des données
Le cadre juridique est essentiellement défini par un texte fondateur,
la loi du 7 juin 1951 "sur l'obligation, la coordination et le secret en
matière de statistiques".
Concertation, coordination, expertise : le
rôle du Conseil National de l'Information Statistique En vertu
de cette loi, le programme de travail de la DREES et ses projets
d'enquêtes sont validés par le Conseil National de l'Information
Statistique (CNIS), qui assure la concertation entre les producteurs et
les utilisateurs de statistiques (experts, partenaires sociaux,
professionnels) et coordonne les travaux et enquêtes statistiques des
services publics(1). La formation "santé, protection sociale" du CNIS
examine les projets d'enquêtes statistiques du point de vue de leur
finalité, de leur place dans le dispositif d'information et de leur
caractère prioritaire ou non. Toutes les étapes font l'objet de
discussions et de propositions, depuis la préparation de l'opération
jusqu'à la diffusion des résultats. Ainsi les avis donnés par le CNIS
représentent l'assurance que toute opération retenue correspond bien à un
besoin d'information d'intérêt général, ne fait pas double emploi et
s'insère dans les objectifs à moyen terme définis pour le domaine
étudié. Le CNIS est également un lieu où peuvent se tenir des débats
sur des sujets novateurs ou sensibles. Grâce aux groupes de travail et
missions temporaires du CNIS, des dispositifs statistiques sont expertisés
et des propositions formulées. En matière de santé, par exemple, un groupe
de travail du CNIS a favorisé et validé le rapprochement des diverses
sources d'information sur la démographie médicale, un autre a analysé les
sources disponibles et souhaitables sur l'état de santé de la population,
un autre devrait prochainement travailler sur les statistiques du
médicament.
Un strict secret
professionnel La loi impose aux statisticiens de l'INSEE et des
services statistiques ministériels (SSM) un strict secret professionnel,
sous peine de sanctions pénales. Des règles précises de sécurité des
données, de traitement et de publication ont été élaborées pour garantir
la confidentialité. Les enquêtes concernant des personnes sont, de plus,
présentées au visa de la Commission Nationale de l'Informatique et des
Libertés. Seules les collectes de données administratives, réalisées dans
le cas de circulaires ministérielles (par exemple la statistique annuelle
d'entreprise), peuvent être communiquées aux tiers. En revanche, les
enquêtes statistiques réalisées par la DREES dans le cadre de la loi de
1951 ne sont, en application des règles du secret professionnel, diffusées
que sous forme de tableaux agrégés ne permettant aucune identification,
même par recoupement, des personnes ou des établissements de santé
concernés. C'est par exemple le cas de l'enquête en cours sur les patients
suivis dans les établissements de psychiatrie. Ses données détaillées
restent confidentielles, même envers les autres directions du ministère.
Sous les mêmes conditions de confidentialité, la loi permet à l'INSEE
et aux SSM d'exploiter divers fichiers administratifs à des fins
statistiques. On peut citer par exemple les déclarations de données
sociales des établissements de santé ou les fichiers des bénéfices non
commerciaux des médecins libéraux, qui permettent d'élaborer les
statistiques et les études sur les salaires et les revenus de divers
professionnels.
Les modalités de fonctionnement des appels
d'offre de la MiRe Les recherches soutenues dans le cadre des
programmes de la MiRe sont sélectionnées dans le cadre d'appels d'offres.
Les projets reçus font l'objet d'une évaluation comparative par le comité
scientifique de chaque programme, évaluation basée sur deux ou trois
expertises préalables par projet. La réalisation des recherches est
suivie à mi-parcours par le comité scientifique de programme au cours
d'une réunion des équipes en charge des recherches. Une fois ces
recherches achevées, leurs résultats sont évalués par le comité de
programme.
Publier, communiquer
La DREES met à disposition d'un large public les résultats de ses
travaux au travers de ses publications et sur Internet (2).
Parallèlement, elle développe la communication autour des travaux d'études
et d'évaluation en organisant des séminaires de recherche ainsi que des
journées d'études réunissant chercheurs et acteurs de terrain et
permettant une confrontation entre théorie et pratiques. (1)
http://www.cnis.fr/ (2) http://www.sante.gouv.fr/htm/publication
*
Editorial
Un tournant qu'il faut
souligner
La DREES créée en 1998 a remplacé le SESI en étendant ses activités et
en intégrant celles de la MiRe. Vous verrez que les efforts menés n'ont
pas oublié la psychiatrie et, au-delà, la santé mentale, d'où l'intérêt de
ce numéro de Pluriels. Un système d'information sur la santé mentale, à
la fois quantitatif et qualitatif, qui ne peut ignorer les sciences
humaines et sociales se construit patiemment malgré la complexité du
domaine concerné. Une fois franchie l'étape de la connaissance des
dispositifs privés et non sectorisés, qui est en voie de l'être,
il restera à cerner et mieux connaître les pratiques libérales de
consultation alors que la connaissance des populations suivies apparaît
aussi concernée, de façon de plus en plus fine (rappelons que 1,2 millions
de personnes ne vivant pas en institution ont déclaré consulter
régulièrement pour trouble mental ou psychique en 1999). Sur un autre
plan, un effort de recherche tente de s'adapter aux évolutions récentes
qu'il s'agisse de la diversification et de l'extension des besoins qui ne
cesse d'interroger les professionnels comme les décideurs, et aux avancées
incontestables des démarches thérapeutiques sans privilégier un modèle
particulier. L'idée est à la fois simple et délicate à mettre en ¦uvre
: transformer les interrogations d'un milieu soignant et/ou usager qui
n'en manque pas, en objets de recherche. L'accès à une rigueur
méthodologique implique des efforts et des capacités d'adaptation, ce qui
a nécessité une volonté et des mesures incitatives. Et cela marche !
Les cliniciens affirment leurs motivations, des pôles de recherche en
santé mentale se développent, les disciplines des sciences humaines
qui avaient déserté le domaine reviennent là où elles manquaient, d'autres
qui ne l'avaient jamais réellement investi y découvrent un intérêt
croissant comme ce qu'elles y apportent. Parler vrai de ce qui compte,
éclairer avec rigueur là où il le faut, voilà un pari qu'il devient
possible de tenir.
Dr Gérard Massé*
Les colloques et séminaires récents en matière
de santé mentale |
- Nouvelles stratégies en biologie et psychiatrie. Séminaire
"Sciences sociales, Psychiatrie, Biologie". CESAMES, CNRS,
2001-2002.
|
- "Traumatismes" : vie et transfigurations actuelles d'un
concept de la psychopathologie dans quatre champs du social.
CEDRATE, Paris, 2001-2002.
|
- Politiques de santé mentale et cultures professionnelles. IEP,
Lyon, 2001-2002.
|
- Comment faire l'histoire de la psychanalyse. Séminaire
"Sciences sociales, Psychiatrie, Biologie". CESAMES, CNRS,
2002-2003.
|
- Présentation des résultats des recherches sélectionnées dans
le cadre de l'appel d'offres Santé mentale 2000. Paris, 4 décembre
2002 et 12 mai 2003.
|
| - Présentation des projets de recherche sélectionnés dans le
cadre de l'appel d'offres Santé mentale 2002, 25 juin
2003. |
La construction du système d'information
sur la santé mentale : les données statistiques et la
rechercheLe champ d'investigation de la DREES en santé mentale
est principalement centré sur le système de santé (de la prévention à la
réhabilitation en passant par le soin). Le besoin de connaissance dans ce
domaine est à la fois quantitatif (données statistiques, épidémiologiques)
et qualitatif (sciences humaines et sociales). La DREES s'attache donc à
produire ou à faire produire ces données, à les analyser et à diffuser les
résultats. Le champ à étudier est complexe : le système de soin en
psychiatrie français se caractérise par la diversité des organisations
(libéral, hospitalier, médico-social), des financements (rémunération à
l'acte, établissements sous objectif quantifié national, budget global),
des structures (CMP, lits hospitaliers, hôpitaux de jours, appartements
thérapeutiques...), des modalités de soin (ambulatoire, temps partiel,
temps complet, réseaux de soins et partenariats professionnels et
associatifs...). La prise en charge s'articule avec la médecine générale,
et d'autres champs professionnels ou associatifs (social, éducation,
justice, familles...). Notre système d'information sur cette offre de
soins est diversement développé. Nous disposons de beaucoup de données sur
l'hospitalier surtout le public sectorisé et peu sur le médico-social et
l'exercice libéral en cabinet. Peu d'enquêtes ont été menées sur les
filières de soins ou l'évaluation économique ou celle des pratiques
professionnelles. D'autres organismes que la DREES produisent bien sûr
des données dans ce champ et de façon plus générale sur la santé mentale.
Ce sont essentiellement l'Inserm et le CREDES. Mais on peut citer aussi la
CNAMTS, l'AFSSAPS, l'INPES, IMS-Health... C'est la coordination de ces
différents travaux qui permettra la construction d'un système
d'information cohérent en santé mentale.
1. Les données statistiques
Le système de soins La DREES
collecte et exploite les données administratives de la SAE (statistique
annuelle des établissements) et des rapports annuels de secteur. Ces
sources exhaustives permettent d'avoir des données de cadrage nationales,
mais aussi des exploitations de niveau régional, départemental, voire
d'établissements ou de secteurs. La SAE concerne l'ensemble des
établissements sanitaires publics et privés et permet, en matière de
psychiatrie, de connaître les évolutions des structures (nombre de lits et
places) et l'activité (journées d'hospitalisation, nombre de
consultations...). Le recueil est annuel. Elle distingue la psychiatrie
générale de la psychiatrie infanto-juvénile. Les rapports de secteurs,
établis pour les secteurs adultes et infanto-juvéniles, mais aussi des
services médico-psychologiques régionaux (SMPR) pour les soins
psychiatriques aux détenus, donnent des indications plus complètes sur les
structures, l'activité, la prise en charge et le travail dans la
communauté. Les questionnaires des rapports ont été rénovés en 2000 pour
mieux les adapter à la diversité des pratiques professionnelles
sectorielles. Ils sont désormais collectés par la DREES tous les trois
ans. La DREES est en train de mettre en place, en collaboration avec
les professionnels et les autres services de l'administration de la santé,
des rapports de même type que les rapports de secteur adaptés aux
établissements non sectorisés (cliniques privées, établissements de
post-cure, services de psychiatrie de certains CHU, hôpitaux de jour
privés...). Ces données permettront une description plus précise des
complémentarités de l'offre de soin psychiatrique publique et
privée. Pour compléter la connaissance de l'offre de soin, il restera à
étudier de la même façon les pratiques libérales (psychiatres d'exercice
libéral en cabinet, psychologues cliniciens).
Les professionnels de santé Les
données sont issues essentiellement des fichiers ADELI, redressés pour
être mis en cohérence avec les fichiers de l'ordre des médecins et ceux
des caisses d'assurance maladie. Des données complémentaires sont fournies
par l'enquête SAE et l'Education nationale pour les médecins salariés des
établissements de santé ou les médecins scolaires. Les études actuelles
concernent surtout les médecins et les infirmiers, il s'agit notamment de
projections démographiques qui ont été faites jusqu'en 2020 ainsi que
d'études de répartition des professionnels. Les populations suivies
dans le système de soin Les données sur la file active sont
recueillies "en routine" par la SAE et les rapports de secteur. De
grandes enquêtes réalisées en collaboration avec l'Inserm jusqu'en 1998
puis avec le groupe français d'épidémiologie psychiatrique en 2003 (les
résultats seront disponibles en 2004) permettent de définir le profil des
patients suivis dans le système de soin (âge, sexe, troubles
psychiatriques, données socio-familiales...). L'enquête
Handicap-Incapacité-Dépendance (HID) réalisée en 1998 et 2000 a permis de
préciser également des caractéristiques intéressantes des personnes en
situation de handicap psychique qu'elles soient en établissement ou à
domicile. Le suicide, problème de santé publique important, fait par
ailleurs l'objet de recherches particulières dans la cadre du pôle
d'observation du suicide coordonné par la DREES.
La population générale Une
enquête est en cours de réalisation par le Centre collaborateur OMS pour
la formation et la recherche en santé mentale (CC-OMS) avec l'appui de la
DREES. Elle vise à analyser les perceptions de la santé mentale en
population générale, ainsi qu'à évaluer la prévalence des principaux
troubles à travers un auto questionnaire.
2. La recherche : le Programme Santé
Mentale de la MiRe
A plusieurs reprises dans les 15 dernières années, la MiRe a impulsé
des programmes de recherche dans le champ de la psychiatrie, de la
psychanalyse et de la santé mentale : "Pratiques en santé mentale" (1985),
"Santé mentale et travail" (1987), "Psychanalyse et sciences du vivant"
(1989) et "Médicaments et santé mentale" (1994). A la fin des années
1990, il est apparu nécessaire de relancer sur ces questions un programme
de recherche dans la durée. Plusieurs raisons de fond militaient dans ce
sens. La première est que la décennie avait été marquée par un effort de
reconstruction d'une politique publique dans ce domaine, encouragée par le
renouveau des politiques de santé publique : il s'agissait à la fois
(circulaire du 14 mars 1990) de poursuivre le programme de sectorisation,
inachevé et très diversement mis en ¦uvre ; d'intégrer la psychiatrie
publique dans le système général de santé (rapport Massé, 1992) ; de
renforcer, dans une approche partenariale, le dispositif de prise en
charge des patients pour, au delà du traitement des pathologies mentales
classiques, assurer la "promotion de la santé mentale" et la prise en
charge d'une large gamme de troubles altérant la "qualité de vie
subjective" des personnes concernées ; et ce, en réponse à une
demande accrue adressée à la psychiatrie publique comme à la médecine de
ville et aux psychiatres libéraux. La recherche ne pouvait rester en
retrait de ce renouveau des politiques publiques (1). D'autre
part, experts, chercheurs, praticiens et usagers soulignaient de façon
convergente la nécessité de combler le déficit des connaissances dans deux
domaines : d'une part la diversification et l'extension des
pathologies (incluant désormais des manifestations mal définies de
"souffrance psychique" ou de "mal-être") et le progrès des neurosciences,
de la neurobiologie et de la gamme des molécules disponibles conduisent à
une transformation des catégories diagnostiques comme à une
diversification parfois conflictuelle - des modèles et
représentations de la pathologie et de la santé mentale, qui méritent donc
d'être revisités par la recherche. De plus, de nombreuses lacunes existent
dans la connaissance des modes de prise en charge (de la prévention
jusqu'à la réhabilitation sociale et professionnelle) et des pratiques
professionnelles, ainsi que dans l'analyse des politiques publiques menées
dans ce domaine. Le programme a été lancé en 2000 et est encore en
cours de réalisation. Il met en ¦uvre différents types d'actions : des
séminaires de réflexion, des séminaires d'animation et surtout des appels
d'offres visant à susciter de nouvelles recherches ainsi que des contrats
de définition permettant l'élaboration de projets pour une étape
ultérieure. Trois appels d'offres ont été lancés (2000, 2002 et 2003).
Ils ont mis l'accent sur les deux grands axes définis ci-dessus.
L'objectif est de parvenir à une meilleure compréhension des processus à
l'¦uvre afin, notamment, de contribuer à éclairer les décisions et à
infléchir les modes de gestion. Ils ont suscité une soixantaine de projets
parmi lesquels 27 ont été retenus. Une dizaine de recherches sont achevées
ou en voie d'achèvement, 10 projets sont en cours de réalisation et
devraient apporter des résultats sur des questions variées et 5 projets
vont débuter fin 2003. Ces recherches contribuent à la construction du
système d'information en santé mentale en fournissant des résultats
complémentaires aux informations issues des données statistiques. Elles
ont un objet centré sur une question ou une hypothèse et utilisent souvent
une approche qualitative basée sur des entretiens, des analyse de
documents et/ou une approche épidémiologique. Elles apportent des
éléments aussi bien sur l'organisation des soins que sur les
professionnels (psychiatres, médecins généralistes, psychologues...) ou
les populations (usagers, familles...). C'est ainsi, par exemple, que les
recherches en cours sur la coordination des différents acteurs de la prise
en charge des troubles psychiques au sein des secteurs et réseaux
devraient permettre d'éclairer la typologie en cinq secteurs réalisée par
la DREES à partir des données statistiques en 2002. Elles abordent
aussi des questions spécifiques telles que la détection précoce des
troubles psychiques, l'évaluation de stratégies de soins, les nouvelles
formes de troubles psychiques.
(1) cf. notamment le rapport Piel-Roelandt "De la psychiatrie vers la
santé mentale" (juillet 2001) et le Plan santé mentale de novembre 2001,
ainsi que plusieurs circulaires des 3 dernières années.
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Les publications de la DREES
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- Etudes et résultats : en 4 ou 8 pages, à un rythme
hebdomadaire, les résultats d'enquêtes ou d'études réalisées ou
suivies par la DREES.
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- Revue française des affaires sociales (4 numéros par an et un
numéro spécial, chacun traitant un sujet spécifique) : cette revue,
qui a une tradition ancienne, publie des analyses d'auteurs de
toutes disciplines (médecins, juristes, sociologues économistes,
statisticiens...) et rassemble des articles de fond sur les
questions sociales telles que le travail, la santé, la protection
sociale, la famille, l'immigration, l'exclusion...
|
- Les "Dossiers Solidarité et Santé" réunissent des articles
centrés sur les grands thèmes du domaine. La revue est axée pour
l'essentiel sur la présentation et l'analyse des résultats des
enquêtes et études suivies par la DREES.
|
- La "Collection Études et statistiques" présente sous forme
d'ouvrages les résultats d'enquêtes ou d'études, mais aussi des
données issues de sources multiples, comme " Données sur la
situation sanitaire et sociale 2002 " élaboré par la DREES (reprise
de l'annexe A au projet de loi de financement de la Sécurité
sociale),ou l'Annuaire des statistiques sanitaires et
sociales.
|
- La revue "Cahiers de recherches de la MIRE" informe sur les
activités de recherche en sciences sociales. A ce titre, la revue
publie régulièrement les appels d'offres de recherches ainsi qu'un
large éventail d'articles de chercheurs exposant les résultats de
leurs travaux dans les domaines de la protection sociale, de la
santé, des questions sociales. Elle diffuse le produit des travaux
de recherche auprès de publics divers : chercheurs, administratifs,
élus et responsables associatifsŠ
|
- "Collection MIRE" publie sous forme d'ouvrages les résultats
de recherche, de séminaires ou d'appels d'offres, comme "l'Atlas de
la santé en France", "Comparer les systèmes de protection sociale en
Europe" (4 volumes en français et anglais), "Définir/mesurer/réduire
les inégalités" (3 volumes).
|
- "STATISS", réalisé par les statisticiens régionaux réunit
chaque année les chiffres régionaux et départementaux (historique
sur les 5 dernières années).
|
- La DREES publie aussi des Documents de travail qui se
présentent sous les séries "Études", "Statistiques", "Programmes" et
"MiRe". Cette publication a une diffusion directe restreinte et
présente l'ensemble détaillé des résultats d'enquêtes statistiques,
de rapport d'études ou de recherches, ainsi que le détail des
programmes de travail et la liste des recherches terminées. Elle
s'adresse aux organismes ayant participé aux enquêtes et aux
spécialistes.
|
| - Les rapports de fin de recherches soutenues par la MiRe sont
diffusés sur simple demande*. Ils présentent de façon détaillée
l'ensemble des résultats des recherches. Les notes de synthèse des
rapports sont publiées dans les Cahiers de Recherche de la
MiRe. |
| *Auprès de Philippe Bertin. Tél : 01 40 56 82 34 Mail :
philippe.bertin @sante.gouv.fr |
Les apports marquants des travaux des
dernières années dans le champ de la santé mentale 1. Les données statistiques
La connaissance statistique du champ de la santé mentale issue des
travaux impulsés ou réalisés par le SESI, puis la DREES sont synthétisés
ci-dessous. Le lecteur pourra au besoin compléter ces informations en se
référant à la bibliographie (cf p.12).
La perception de la santé
mentale L'enquête en population générale réalisée en partenariat
avec le CC-OMS a permis de montrer à travers une première vague de
collecte qu'en France métropolitaine, les représentations de la santé
mentale varient peu suivant les catégories de personnes interrogées.
Toutefois, les femmes et les personnes ayant fait des études supérieures
ont une meilleure connaissance des possibilités de soin et partagent avec
les jeunes une plus grande confiance dans les l'efficacité des traitements
ou les possibilités de guérison. Les personnes ayant une certaine
proximité avec les affections mentales (soit pour elles-mêmes soit dans
leur entourage) sont plus sensibles aux difficultés d'intégration et
pensent plus souvent que la présence d'un dépressif à la maison n'est pas
une charge. A l'opposé, une minorité refuse la prise en charge hors de
l'hôpital de toutes les personnes atteintes de troubles mentaux. Ce type
de comportement est associé à une méconnaissance des malades et des
structures d'accueil.
Une forte croissance des recours aux
soins Même s'il est difficile d'objectiver les besoins de soins
en psychiatrie, on constate que le recours auprès de l'ensemble du système
de soins s'accroît partout où on l'a mesuré (secteurs, ville). On a ainsi
pu chiffrer à 56% l'augmentation du nombre de personnes suivies par les
secteurs en dix ans (de 1989 à 1999) et à 19,4% celle des consultations
par les psychiatres de ville entre 1992 et 2001. 1,2 million environ de
personnes vivant à domicile déclaraient consulter régulièrement pour
trouble mental ou psychique en 1999. 56 000 personnes étaient
hospitalisées dans les établissements de psychiatrie à la fin de l'année
1998, ce qui correspond à un taux d'hospitalisation de 96 pour 100 000
habitants. Au-delà des problèmes de santé mentale, la population des
personnes suivies en psychiatrie apparaît globalement en plus mauvaise
santé physique que le reste de la population : ainsi l'on constate, chez
les personnes hospitalisées, une surmortalité par rapport à la population
du même âge, ainsi qu'une mobilité limitée. L'ensemble des personnes
suivies régulièrement pour troubles mentaux déclarent en outre, en plus
des déficiences psychiques, davantage de déficiences physiques, motrices,
métaboliques que la population générale. Par contre elles n'ont pas plus
de déficiences visuelles ou auditives.
Le suicide représente un véritable
problème de santé publique : En 1999, l'Inserm a enregistré 10
268 décès par suicides, soit 2% de l'ensemble des décès. En outre, ces
chiffres doivent être corrigés à la hausse, du fait de la sous-déclaration
des suicides, et on estime qu'en réalité ils sont de 20 à 25% supérieurs.
Après une période d'augmentation au début des années quatre-vingt dix, le
nombre total des décès dus à cette cause a diminué ces dernières années.
Cependant, la France reste parmi les pays d'Europe qui enregistrent les
taux les plus élevés. Les décès par suicide sont très majoritairement
masculins (72%). Le taux de mortalité par suicide des hommes est plus
élevé que celui des femmes dans toutes les tranches d'âge. Le différentiel
s'accroît aux âges élevés : il atteint un ratio de 4 à 1 chez les
personnes âgées de 75 et 84 ans, mais augmente encore aux grands âges.
Le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes de 15 à 34
ans mais en nombre absolu, ce sont les personnes de 35 à 54 ans qui sont
le plus touchées (3 983 décès en 1999). Rapporté aux effectifs de la
population, le taux de décès augmente avec l'âge jusque vers 40 ans, reste
relativement constant jusque vers 70 ans et augmente ensuite fortement
chez les hommes. Cet effet d'âge s'accompagne en outre d'effets de
date (périodes où l'on enregistre des augmentations de suicide,
particulièrement autour de l'année 1985) et d'effets de génération (celles
nées après la seconde guerre mondiale se suicident davantage). On devrait
s'attendre à une hausse "spontanée" du taux de suicide dans les années qui
viennent, parallèlement à l'avancée en âge des générations du "baby
boom". Des études ont montré que les taux de suicide ne sont pas
homogènes selon les régions et par classes d'âge. Certaines sont plus
touchées par le phénomène pour les adultes (Nord - Pas de Calais,
Bretagne), d'autres pour les jeunes de 15 à 24 ans (Rhône-Alpes,
Midi-Pyrénées). Globalement, le nord-ouest de la France enregistre les
taux les plus importants. Les tentatives de suicides touchent davantage
les femmes que les hommes contrairement au suicide. Le nombre des
tentatives de suicide prises en charge annuellement par le système de
soins a été estimé entre 130 000 et 180 000.
Une spécialisation des établissements
selon leur catégorie de financement Sur le plan des pathologies,
les dépressions représentent un quart du total des recours aux soins (y
compris médecins généralistes) contre 7% pour les psychoses. Parmi les
motifs de recours au soin en établissement, la part des dépressions semble
augmenter et celle des retards mentaux et des démences diminuer. Les
pathologies prises en charge varient selon le sexe. Les femmes sont deux
fois plus traitées pour dépressions que les hommes, qui souffrent deux
fois plus de schizophrénies et troubles mentaux dus à l'alcool que les
femmes. Dans les établissements de post-cure, la différence est encore
plus accusée : quatre femmes pour un homme y sont traitées pour dépression
et sept hommes pour une femme y sont traités pour l'alcoolisme. Comme
dans d'autres disciplines, les différentes catégories d'établissements de
santé en psychiatrie se sont spécialisées dans des pathologies et des
types de population différentes. Ainsi, on traite davantage de dépressions
dans le privé et plus de troubles délirants dans le public. La clientèle
des cliniques se rapproche de celle que les secteurs suivent en
ambulatoire : vie en couple, activité professionnelle plus fréquentes. Les
clientèles féminines en particulier sont très proches sur le plan
socio-familial. A l'opposé les populations suivies à temps partiel et
temps plein par les secteurs et dans les établissements de post-cure
privés ont en commun une forte proportion de jeunes adultes de sexe
masculin présentant des pathologies invalidantes et cumulant les
difficultés socio- professionnelles et l'isolement affectif.
Des populations socialement
fragilisées D'une manière générale les personnes suivies en
psychiatrie apparaissent par rapport à la population générale confrontées
à des difficultés tant sur le plan de la vie affective ou sociale que sur
le plan de l'activité professionnelle. Ainsi, le célibat ou le divorce
sont deux fois plus fréquents qu'en population générale. L'insertion
professionnelle est faible, quoique plus fréquente chez les femmes.
L'emploi protégé occupe une place très marginale. Les aides monétaires
sous forme d'allocations sont fréquentes, concernant un malade sur trois,
et davantage des hommes. Deux personnes sur trois ont une reconnaissance
administrative de leur handicap et le coût social du handicap mental est
considérable puisque une personne sur quatre qui consulte perçoit une
allocation ou pension du fait de son état de santé.
Les enfants sont suivis principalement en
ambulatoire Parmi les enfants pris en charge en psychiatrie, on
trouve une prédominance masculine : en 1996, on comptait 172 garçons pour
100 filles dans les secteurs, 181 pour 100 dans les CMPP, 238 pour 100
dans les hôpitaux de jour privés. En 2000, le ratio s'était réduit pour
les secteurs avec 144 garçons pour 100 filles, ce qui s'explique sans
doute par une meilleure prise en charge des classes d'âge adolescentes où
les recours des filles sont plus nombreux. Dans les secteurs, les
classes d'âges les plus suivies sont les 5-9 ans (41%) et 10-14 ans (31%).
Les tous petits et les adolescents font moins l'objet de prises en charges
(respectivement 15% et 13%) alors que dans la population générale, la
répartition entre toutes les classes d'âge est homogène. On note cependant
entre 1997 et 2000 une croissance du recours aux âges extrêmes de
l'enfance, Dans la clientèle des hôpitaux de jour privés, la répartition
par âge est plus homogène. Le suivi des enfants atteints de troubles
mentaux est principalement réalisé en ambulatoire. Leur scolarisation est
très fréquente : 91% pour les secteurs dont 78% en classe ordinaire ; 98%
en CMPP (91% en classe ordinaire) ; 77% en hôpitaux de jour privés, ce qui
témoigne des partenariats engagés par les équipes de soin dans
l'articulation entre projet thérapeutique et projet pédagogique y compris
pour les enfants psychotiques. En matière de pathologies, les enfants
suivis en CMPP ont un profil de troubles proche de celui des enfants
suivis en ambulatoire par les secteurs. Ils diffèrent nettement de ceux
qui sont suivis à temps partiel et à temps complet, chez lesquels ont
relève 40% de psychoses et 30% de personnalités pathologiques. On retrouve
davantage de déficiences mentales en hospitalisation à temps complet. Les
hôpitaux de jour privés ont une clientèle plus spécifique : 61% de
psychoses et 27% des personnalités pathologiques.
Une forte prévalence de troubles mentaux
parmi les détenus La prévalence des troubles mentaux parmi les
détenus apparaissant comme élevée, cette population a fait l'objet d'une
enquête spécifique. Celle-ci montre que sur une période d'un mois (juin
2001), les psychiatres des services médicaux psychiatriques régionaux ont
repéré au moins un trouble psychiatrique pour la moitié des entrants en
détention. Parmi ceux qui sont suivis par le SMPR, très majoritairement
des hommes, jeunes, célibataires et en grande difficulté sociale, les
troubles de la personnalité prédominent (un tiers des cas) ainsi que les
conduites addictives (un quart). 12% ont des troubles névrotiques ou
anxieux, 8% souffrent de psychose et 7% de troubles de l'humeur.
L'offre de soins publique est
prépondérante en psychiatrie En 1999, on comptait en France
métropolitaine pour les établissements de soins en psychiatrie : 238
établissements ou entités juridiques publics, 215 établissements ou
entités juridiques privés, dont 129 privés sous objectif quantifié
national et 86 privés sous dotation globale. L'offre de soin publique est
nettement prépondérante : plus de 83% des lits et places en psychiatrie le
sont dans les hôpitaux publics et PSPH. Seuls 4 départements ont une offre
privée supérieure à 50% du total. Le phénomène est encore plus net pour
l'offre de soins à temps partiel (89% dans les hôpitaux publics ou PSPH).
Quant aux prises en charge ambulatoires, elles sont quasi exclusivement
publiques. En effet, les établissements privés sous objectif quantifié
national gardent un type de fonctionnement caractéristique, avec des
prises en charges en hospitalisation complète majoritaires par rapport aux
hospitalisations à temps partiel (alors que le rapport est de 1 à 10 dans
le public).
Une évolution vers des prises en charges
plus ouvertes Pour l'année 2000, on compte environ 104 lits pour
100.000 habitants en moyenne, ce qui correspond à un total de 62.338 lits
de psychiatrie dont 42.710 publics, 9.251 privés sous dotation globale,
10.377 privés sous objectif quantifié national. La diminution
constante du nombre de lits constatée pour la psychiatrie sectorisée
depuis plusieurs années (entre 1991 et 1997 : - 27% pour les adultes, -
42% pour les enfants) était encore entre 1999 et 2000 de 5,4% alors qu'on
assiste à une forte augmentation de l'activité des secteurs (+46% de
patients suivis pour les adultes et +49% pour les enfants entre 1990 et
1997). L'évolution des capacités a peu touché le privé. Le taux
d'occupation moyen est de 85,8%, plus faible dans le public (83,1%), et le
privé sous dotation globale (82,8%), plus élevé dans le secteur privé
lucratif ( 99%). La durée moyenne de présence des personnes
hospitalisées à temps plein est de 4 ans, mais la durée médiane n'est que
de 4 mois, témoignant d'un renouvellement important avec certains séjours
très longs. La population des patients hospitalisés au long cours se
renouvelle en permanence, surtout en CHS et hôpitaux psychiatriques privés
(HPP). Tous types d'établissements confondus, le nombre de journées en
hospitalisation complète en psychiatrie diminue régulièrement : -2,1%
en 2000, - 3% en 1999, -2,5% en 1998. Cette tendance est cependant
disparate selon le type d'établissements : secteur public : - 1,7%,
établissements privés sous dotation globale : - 8,2%, établissements
privés sous objectif quantifié national : +1,3%. En hospitalisation
partielle, on comptait en 2000 26.129 places de psychiatrie : 21.032 dans
le public, 4.855 dans le privé sous dotation globale, 242 dans le privé
sous objectif quantifié national ce qui constitue une diminution globale
de 3% par rapport à 1999.
Des disparités importantes de l'offre
selon l'âge des patients et les zones géographiques Sur
l'ensemble des lits, 95% sont destinés aux adultes contre 5% aux enfants.
En ce qui concerne les places, la répartition est de 67% pour les adultes
et de 33% pour les enfants. Pour les adultes, on compte en moyenne 165
lits et places pour 100.000 habitants avec des écarts allant de 69 (Hauts
de Seine) à 702 (Lozère). Pour les lits, la moyenne est de 155 lits pour
100.000 ; les écarts vont de 1 à 10 entre départements les mieux dotés et
les moins dotés. Pour les places, la moyenne est de 42, avec là encore des
écarts de 1 à 10. Il n'y a pas cumul ou compensation entre ces deux types
d'offre de soins : certains départements ont beaucoup de lits et de
places, d'autres peu des deux, d'autres beaucoup d'un type et peu de
l'autre. Pour les enfants, la disparité est encore plus marquée, avec
des écarts de 1 à 20 pour les places. Certains départements n'ont aucun
lit.
Des pratiques très diversifiées parmi les
secteurs psychiatriques Constituée de 829 secteurs adultes, 320
secteurs infanto-juvéniles et 26 secteurs de psychiatrie en milieu
pénitentiaire, la psychiatrie sectorisée est rattachée à 301 hôpitaux
publics ou privés participant au service public. Parmi eux, 34% des
secteurs adultes et 41% des secteurs infanto-juvéniles dépendent d'
hôpitaux non spécialisés en psychiatrie. La population desservie par le
secteur, qui est en moyenne de 72.000 habitants en psychiatrie générale,
varie de 20.000 à 170.000. Pour les enfants, pour une moyenne de 49.000
habitants de moins de 20 ans, on enregistre des variations de moins de
40.000 à plus de 55 000.
En 1999, c'est 1,1 million de personnes qui ont été prises en charge
par les secteurs de psychiatrie générale, pour 86% d'entre eux en
ambulatoire, pour 11% à temps partiel et pour 27% à temps complet
(certains ont été suivis selon plusieurs modalités dans l'année). La file
active moyenne (nombre de patients vu dans l'année) est de 1370 en 1999,
mais varie selon les secteurs entre moins de 6.000 et plus de 3.000.
Les structures de soins en psychiatrie générale sont diverses et
diversement réparties. La plus fréquemment retrouvée est le CMP puisqu'il
existe dans 98% des secteurs. Le nombre de lits varie de 0 à plus de 200.
Les hôpitaux de jour se retrouvent dans 83% des cas. Entre 1989 et 1997,
la capacité en hospitalisation temps plein a diminué ; le nombre moyen de
lits par secteur est passé de 94 à 61 avec une évolution plus marquée pour
les CHS et les HPP. Durée de séjour et quantité de personnel sont très
liés à la capacité en lits.
La diversité des secteurs a été plus particulièrement étudiée pour la
psychiatrie générale et est illustrée par les chiffres suivants : la file
active, en moyenne de 19 pour 1.000 habitants, varie de 10 à 38, la
densité en lits et places va de 1 à 6 pour 1.000, la densité de praticiens
de 1 à 4, la densité d'infirmiers de 1 à 5. Une typologie construite à
partir des données d'activité a permis de définir cinq groupes de secteurs
: Les secteurs du premier groupe assurent surtout des soins en CMP,
accueillent moins de patients mais offrent des prises en charge plus
médicalisées que la moyenne. Les secteurs du deuxième groupe délivrent
surtout des soins en unité d'hospitalisation somatique, accueillent 35% de
patients de plus que les autres et assurent une prise en charge plus
fréquente de l'urgence. Les secteurs du troisième groupe sont plus
spécialisés dans l'hospitalisation à temps plein, ont moins réduit leurs
capacités d'hospitalisation à temps plein que les autres depuis 1993, ont
un taux important de personnels peu qualifiés. Le quatrième groupe
concerne un petit nombre de secteurs qui développent des structures
d'accueil surtout tournées vers l'insertion et la réadaptation. Le
cinquième groupe rassemble des secteurs généralistes, à l'encadrement
infirmier important, ils disposent de capacités d'hospitalisation
importantes dont beaucoup ont été reconverties entre 93 et 99 vers des
formes de prise en charge alternatives.
Plus de 432.000 enfants et adolescents ont été suivis en 2.000 dans les
secteurs de psychiatrie infanto-juvénile. Ils représentent plus du quart
des patients suivis par les secteurs. Le recours aux secteurs de
psychiatrie infanto-juvénile est toujours croissant : plus 49% entre 89 et
97, plus 14% entre 1997 et 2000. 97% des enfants ont bénéficié d'une prise
en charge ambulatoire, 10% à temps partiel et moins de 3% à temps complet
(certains enfants ont eu plusieurs modalités de suivi). 97% des secteurs
disposent d'un CMP situé le plus souvent hors des établissements de
rattachement, 93% utilisent un hôpital de jour ou un CATTP voire les deux
(52%) qui dans la plupart des cas sont aussi situés hors de
l'établissement de rattachement. 57% ont au moins un CATTP. Les
secteurs disposant de lits d'hospitalisation complète sont plus souvent
des HPP (68%) et des CHS (48%) que des secteurs rattachés à des CHR ou CH.
Les professionnels : des dynamiques de
répartition très diverses Les infirmiers constituent les
professionnels majoritaires en psychiatrie. Leur répartition est
étroitement liée à celle des capacités d'hospitalisation (lits et places)
contrairement à celle des psychiatres. Les psychologues salariés
exercent à 80% dans le secteur public. Il sont environ 4.000 (soit 1 pour
15 infirmiers) dans les services de psychiatrie des établissements de
santé. En 1999, sur un total de 13.200 psychiatres, 52% étaient
exclusivement salariés, 34% exclusivement libéraux et 14% avaient une
activité mixte. Les psychiatres sont les spécialistes dont le nombre a le
plus augmenté depuis 1973 (multiplication par 4 contre multiplication par
2,5 pour l'ensemble des spécialistes) mais pourtant, le taux de vacance
des postes de psychiatres hospitaliers reste un des plus élevés (10% en
1997) par rapport aux autres disciplines médicales. Le nombre de
psychiatres hospitaliers tend à se stabiliser depuis quelques années.
La répartition des psychiatres, libéraux ou salariés, est par ailleurs
extrêmement variable selon les régions : l'Ile-de-France enregistre une
densité de psychiatres de 88 pour 100.000 habitants pour une moyenne
nationale de 22. A l'opposé, c'est dans les DOM qu'ils sont les moins
nombreux : 8 pour 100.000 habitants. La proportion d'internes en
psychiatrie a baissé : 9% en 1992 contre 7% en 2001 au profit d'autres
disciplines (santé publique, médecine du travail). Ils débutent plus
souvent qu'autrefois leur activité à l'hôpital (création de places de
post-internat, accès au secteur à honoraires libres). Ils restent toujours
en moyenne seize ans à l'hôpital.
Les secteurs de psychiatrie générale emploient en moyenne 6,4 médecins
(en équivalent temps plein : ETP) et 83,7 ETP d'autres professionnels.
Mais on note de fortes variations de ces dotations en personnel entre
secteurs et entre type d'établissements. Ce phénomène concerne surtout les
infirmiers qui sont en moyenne 91,5 dans les secteurs rattachés à des
Centres Hospitaliers Spécialisés (CHS), 116 dans les secteurs rattachés à
des Hôpitaux Privés Psychiatriques, 61,6 dans les secteurs rattachés à des
Centres Hospitaliers généraux et régionaux. Les secteurs de psychiatrie
infanto-juvénile comptent en moyenne 5,8 ETP de médecins, et 48,4 ETP de
personnel non médical. De façon générale, le personnel est plus nombreux
dans les secteurs disposant de lits d'hospitalisation, et dans ceux
rattachés à des CHS. Les projections sous hypothèse du maintien du
nombre d'internes et d'un numerus clausus à 4700, ainsi que de la
stabilité des comportements des médecins (lieux d'installation, âges de
départs en retraiteŠ) estiment qu'à l'horizon 2020 le nombre de
psychiatres diminuerait de 7% entre 1984 et 2020 et de 41% entre 2001 et
2020.
Les apports de la
rechercheTransformation des
questions en objets de recherche
La MiRe est un lieu privilégié pour faire éclore des recherches à
partir de questions émergentes et de demandes qui émanent en particulier
de la sphère politique sociale. Elle transforme des attentes et des
préoccupations en objets de recherche qui peuvent être saisis par des
équipes de chercheurs. Par exemple, la MiRe a pu transformer en objet
de recherche la question de l'évolution des secteurs et des réseaux en
suscitant des projets de recherche sur les difficultés de coordination des
différents acteurs de la prise en charge des troubles psychiques et sur
les modes innovants de coordination en train de s'installer. Les projets
présentés sur cette question à l'appel d'offres 2000 étaient peu nombreux
et encore insuffisamment élaborés, alors que 5 projets dans cette
perspective ont pu être retenus à l'appel d'offres 2002 et sont en cours
de réalisation. On peut aussi prendre l'exemple du rôle des
associations de familles et malades psychiques dans les transformations
des systèmes de prise en charge et la question des trajectoires des
patients qui ne faisaient l'objet d'aucune recherche lors de l'appel
d'offres 2000, alors que plusieurs projets sur ce thème ont été présentés
à l'appel d'offres 2003.
Le développement et la structuration du
milieu de recherche
Mise en place de moyens incitatifs
Puisqu'elle travaille sur des questions qui font encore peu l'objet de
recherches, la MiRe met en place des moyens incitatifs pour développer un
milieu de recherche dont on pouvait faire le constat à la fin des années
90 qu'il était encore faible et peu structuré. C'est la condition
nécessaire pour que les recherches puissent se développer. Par exemple
: - lancement conjoint des appel d'offres 2002 et 2003 avec le CNRS et
l'Inserm dans le cadre du programme Sciences biomédicales, Santé, Société
afin d'augmenter la diffusion de l'appel d'offres et d'inciter de
nouvelles équipes dans ce champ à présenter des projets ; -
propositions de bourses et recommandations pour que des doctorants et des
post doctorants soient responsables de projets ; - possibilités pour
les cliniciens et acteurs de la santé mentale de demander des contrats de
définition afin de pouvoir construire des projets de recherche avec des
équipes de recherche labellisées. En quelques années, l'action de la
MiRe, conjuguée à celle des autres partenaires, a permis un réel
développement du milieu, même s'il reste insuffisant. La comparaison des
résultats des appels d'offres 2000 et 2002 en est un exemple.
Le renouvellement des demandeurs de
projets Les cliniciens ont été beaucoup plus présents dans
l'appel d'offres 2002, aussi bien comme responsables de projets que comme
équipes associées (dans 8 projets reçus et dans 4 retenus). 6 jeunes
chercheurs doctorants ont présenté un projet de recherche dont 3 ont été
retenus. Enfin presque la moitié des projets retenus ont été présentés par
des chercheurs nouveaux dans le champ de la santé mentale.
Maturation et structuration du milieu de
recherche Ces transformations paraissent en rapport avec un
processus de maturation et de structuration du milieu de recherche amorcé
depuis plusieurs années et dont les résultats commencent à être visibles
: - la qualité des projets est meilleure : le nombre de recherches dont
la qualité scientifique a permis qu'elles soient retenues a légèrement
augmenté (10/18 au lieu de 6/17) ; plusieurs chercheurs ou équipes qui
avaient présenté des projets de qualité insuffisante pour être retenus en
2000, ont présenté des bons projets en 2002 ; - des pôles de
recherche en santé mentale avec une problématique SHS se renforcent
(Cesames) ou sont en train d'émerger (une équipe du Cermès). De
nouvelles disciplines des sciences de l'homme et de la société, peu
présentes antérieurement, se sont investies sur le champ, notamment les
sciences politiques et plus récemment l'économie. D'autres pôles en
santé mentale, qui ne sont pas axés spécifiquement sur une approche en
sciences humaines et sociales, sont maintenant en mesure de présenter des
projets intégrant cette approche disciplinaire (Bordeaux, Yvelines,
Lille). Cette maturation est bien sûr liée à la convergence de mesures
prises par plusieurs organismes depuis quelques années qui visent, par des
moyens complémentaires, au développement et au soutien du milieu de
recherche en santé mentale et en psychiatrie. La MiRe, pour sa part, a
lancé des séminaires et plusieurs appels d'offres depuis plusieurs années
spécifiquement dans ce champ. Elle a aussi lancé des appels d'offres qui,
bien que non orientés spécifiquement vers la santé mentale, ont permis de
retenir des projets sur ce thème (appel d'offres HID) mais aussi d'amorcer
et de favoriser la structuration du milieu (en 2002 : appel d'offres
Réseaux de Recherche en santé publique Inserm/MiRe, qui a permis de créer
2 réseaux en santé mentale). Elle a enfin renforcé ses coopérations
avec les organismes de recherche (Inserm, CNRS, universités), les
instances ministérielles en charge de la santé mentale (DGS, DHOS, DREES)
et les associations de familles de malades mentaux (Unafam).
Les résultats des recherches
Actuellement une dizaine de travaux sont achevés ou en voie
d'achèvement et une vingtaine sont en cours ou vont débuter (voir encadré
p.11). Chacun des travaux terminés fait l'objet d'un rapport détaillé,
disponible sur demande, et donnera lieu à des publications. Les résumés
des recherches en cours on été publiés dans les Cahiers de Recherche de la
MiRe. Lorsque l'ensemble des recherches du programme sera achevé, une
synthèse de leurs résultats sera effectuée et présentée lors d'un colloque
largement ouvert. Un bref aperçu de quelques résultats des recherches est
donné ici (cf p.10).
L'organisation de la prise en
charge
La plupart des recherches traitant de ce domaine sont en cours de
réalisation. Elles abordent l'organisation des réseaux, du secteur, d'un
service hospitalo-universitaire. Elles étudient en particulier la question
de l'interaction et de la coordination des différents acteurs
(professionnels, personnels administratifs, décideurs, généralistes de
ville, psychiatres du privé, travailleurs du social) et structures
impliqués dans la prise en charge des troubles psychiques. C'est ainsi que
les clivages et surtout les dispositifs innovants dans cette coordination
seront étudiés dans la région lilloise, à propos de la prise en charge
coordonnée de la dépression dans le réseau Santé mentale des Yvelines sud,
au travers des différentes filières suivies par des patients dans un
secteur de Paris et à partir du systèmes des urgences en santé mentale
dans la région Ile de France.
Les professionnels
Les psychologues Deux recherches abordent la fonction et les
activités des psychologues. Pour la première (A. Golse), la place des
psychologues au sein de la psychiatrie publique apparaît comme un
révélateur des changements actuels de cette institution qui se transforme
en dispositif élargi de santé mentale. Les psychologues, qui ont été
partie prenante de la dynamique du secteur, le sont aussi de la
réorientation du dispositif vers la souffrance psychique. L'étude de leur
activité montre qu'ils sont implantés dans l'ensemble des sites du
dispositif avec deux grands profils d'activité : le CMP comme lieu et
pratique unitaires, ou un travail sur plusieurs sites avec une pratique
plus diversifiée. Leur positionnement dépend de leur articulation avec le
reste de l'équipe. Les psychologues effectuent un travail de première
ligne à l'occasion des entretiens thérapeutiques, alors que le psychiatre
serait plutôt renvoyé au suivi chimiothérapique. Mais ils effectuent aussi
souvent un positionnement en deuxième ligne par rapport aux infirmiers
dans les centres d'accueil et de crise et les urgences. Ce double
positionnement des psychologues peut être source de tension et créer des
zones conflictuelles. On assiste donc à un repositionnement des 3
professions, psychiatres, psychologues, infirmiers, dans une psychiatrie
en pleine transformation. Une autre recherche (C. Laval) s'intéresse à
des psychologues qui interviennent dans une relation d'aide auprès des
personnes recevant le RMI et en situation de souffrance psychique et
sociale. En majorité, ce sont des femmes qui ont souvent une formation
antérieure dans les métiers du social. Leurs emplois sont précaires et
émargent statutairement aux conseils généraux, à des hôpitaux
psychiatriques ou à des associations. Ces "intervenants psychiques"
sont-ils des conseillers, des orienteurs, des consultants, des référents
psychiatriques, des soignants ? Leur position professionnelle les situe
dans l'interface entre le social et le psychique, entre l'insertion et le
soin.
Les délégués à la tutelle (M. Bungener et J.
Bachimont) L'activité des délégués à la tutelle auprès d'une population
souffrant de maladies mentales et de troubles psychiques montre
l'émergence d'une nouvelle mission qui acquiert progressivement sa
légitimité. Elle trouve en partie son origine dans la politique de
déshospitalisation des malades psychiques. De fait, en plus de leurs
fonctions habituelles, les délégués assurent auprès de certains malades
vivant en milieu ordinaire un suivi médical et social. Dans ce cas, le
suivi par le délégué de la composante thérapeutique apparaît comme un
intermédiaire essentiel pour la qualité de la relation entre le délégué et
le malade mais aussi pour lui permettre d'atteindre un équilibre de vie
satisfaisant.
La formation des psychiatres (P. Pinell) Enfin, l'analyse
sociologique de la formation des psychiatres (1968-2000) met en évidence
les points clés de l'évolution de cette formation (la crise des années 60,
la reconnaissance de la spécificité de la psychiatrie et les réformes
institutionnelles, la mise en place du CES, le DES et la "normalisation"
de la psychiatrie) et leur impact sur les transformations de la
structuration de la psychiatrie. Cette analyse aboutit à l'ébauche
d'une typologie chez les internes en psychiatrie aujourd'hui. Pour un
premier groupe, la pratique de la psychothérapie est une composante
fondamentale de l'exercice de la psychiatrie. Elle est ce qui donne au
métier sa spécificité. Le second développe une conception plus "médicale"
de la psychiatrie. Les internes ont choisi la psychiatrie car ils
souhaitaient pratiquer une médecine leur permettant d'appréhender la
personne dans sa globalité. D'où l'importance qu'ils accordent à le
fonction de soutien du psychiatre, faisant de lui autre chose qu'un
prescripteur de médicament.
Les médecins généralistes Le rôle des généralistes est
abordé, bien sûr, dans différents projets mais aussi dans 4 projets qui
leurs sont spécifiquement consacrés. Ces projets sont encore en cours de
réalisation. Leurs pratiques font l'objet de recherches spécifiques : deux
traitent de leurs prescriptions en matière de psychotropes, deux autres
analysent leurs difficultés face à la maladie mentale, leur besoin de
formation et leurs représentations de la maladie.
Les populations et les usagers
Itinéraires et modes de vie (L. Velpry) La vie des usagers a
été abordée, dans ce travail préliminaire, sous l'angle de leurs
itinéraires et de leurs modes de vie. Deux points importants ont émergé à
partir desquels a été élaboré le cadre de la recherche qui a débuté à la
fin 2002. L'expérience subjective et la vie des personnes souffrant de
troubles mentaux graves croise trois perspectives : la façon de parler de
sa maladie, la présentation de soi, et les modes d'inscription dans la
communauté. A la suite du travail de terrain, il semble essentiel de
saisir l'agencement de ces différents registres invoqués et leur
imbrication dans un même discours, avec les ambiguïtés et tensions qui en
résultent. L'importance de la question de l'autonomie de la personne
est apparue tout aussi centrale à aborder que celle de l'expérience.
L'approche anthropologique de l'expérience des personnes souffrant de
troubles mentaux graves devrait ouvrir de nouvelles façons de penser à
propos de notions telles qu'autonomie, dépendance, empowerment, contrôle
socialŠ très présentes dans les discours psychiatrique et social actuels.
De fait, accorder de l'importance au point de vue du patient et à son
récit, c'est au moins en partie reconnaître son autonomie comme personne
pensante, autonomie qui peut être déniée dans le contexte psychiatrique et
par la nature de la maladie. La question de la dénomination des personnes
souffrant de troubles mentaux graves, enjeu actuel d'importance et
complexe, fournirait un point de départ intéressant, notamment pour
amorcer une comparaison entre France et Etats-Unis. La recherche en
cours adopte une approche anthropologique centrée sur la personne.
Différents modes de vie seront décrits, combinant leurs caractéristiques
et leurs significations pour les personnes. Des itinéraires seront
retracés, notamment entre les structures de prise en charge, en
recherchant les processus ayant amené à la situation présente.
Les personnes souffrant de troubles psychiques vivant sans l'appui
de leur entourage familial et sous mesure de protection juridique (M.
Bungener et J. Bachimont) Dans son ensemble, la population de majeurs
sous mesure de protection juridique des deux associations auprès
desquelles a été réalisée l'enquête présente des caractéristiques
socio-démographiques particulières. Il s'agit surout d'hommes, d'âges
diversifiés, largement issus d'un milieu ouvrier, célibataires en
majorité, quasiment toujours sans activité professionnelle, et dans une
forte proportion en incapacité permanente de travailler. Leurs
ressources financières sont faibles et essentiellement composées
d'allocations publiques parmi lesquelles l'AAH occupe une place
prépondérante. Pension d'invalidité et RMI sont faiblement représentés. Il
s'agit majoritairement de personnes vivant seules dans un logement
indépendant, situé en zone urbaine. L'état morbide se caractérise dans
cet échantillon par une forte prévalence de troubles mentaux momentanés ou
chroniques (88,5%) qui peuvent être parfois associés à l'alcoolisme. Les
psychoses (qu'il s'agisse de schizophrénie ou de psychose
maniaco-dépressive) sont les diagnostics les plus fréquemment mentionnés
et les états dépressifs concernent un tiers de la population. Une très
forte proportion suit un traitement médical (71% du total, soit 80% des
personnes identifiées comme présentant des troubles psychiatriques), et
36% de l'ensemble de ces dernières suivent une psychothérapie.
Les usagers et les associations Cette question a été abordée
dans une recherche préliminaire et dans deux recherches en cours sous deux
angles : d'une part la transformation de leur place dans les services de
santé mentale ainsi que leur conception de la représentation dans les
différentes instances, les compétences et les savoirs dont elles se
revendiquent ; d'autre part le rôle des associations dans le lancement de
nouvelles structures d'accueil et d'accompagnement des malades ainsi que
dans leur gestion.
Les "nouvelles formes" de troubles
psychiques
Le traumatisme psychique, victimologie et psychiatrie
humanitaire (D. Fassin, R. Rechtman) La souffrance psychique
conséquence d'un événement traumatique a été étudiée à partir d'enquêtes
conduites à Toulouse après l'explosion de l'usine AZF et en Palestine.
Sur ces deux scènes, il y a eu simultanément psychiatrisation de
l'intervention et psychologisation de l'événement. Cette constatation
renvoie à une double innovation sociale : évolution d'un champ
professionnel et transformation d'un discours public. Les points de
convergence de cette double enquête peuvent se décliner selon des grands
axes : la reconfiguration de l'espace de la santé mentale qui est
étendu à l'individu normal sur le psychisme duquel l'événement a laissé
une trace profonde, comme il l'est aussi par la reconnaissance de la
souffrance psychique liée aux conditions de vie précaires ; les
constructions de la condition de victime ; le traumatisme comme langage de
la souffrance des victimes ; les exclus de la condition de victime, en
particulier les malades mentaux hospitalisés à proximité de l'usine AZF
lors de son explosion.
Le politique et les instruments du
politique
La politique de santé mentale des années 1960 à 2000 (S.
Biarez) Ce travail s'intéresse au devenir de la politique de santé
mentale des années 1960, date de l'intervention de la sectorisation, aux
années 2000 qui voient apparaître les prémisses d'une nouvelle donne. Le
parcours du champ sur une quarantaine d'années montre l'évolution de la
psychiatrie vers la santé mentale, l'alignement de cette action sur le
système général de santé, l'essai d'une refondation axée sur des règles
gestionnaires et sur l'élargissement à de nouveaux acteurs. En dépit de
l'originalité que la sectorisation a constitué dans l'histoire de la
psychiatrie, la politique de santé mentale dans son application reste
largement inachevée. La régulation entreprise par les agences régionales
d'hospitalisation, les nouvelles modalités prévues par le Ministère
impliquent de passer de l'élaboration d'un dispositif à des formes
d'actions politiques. Celles-ci doivent déboucher sur une volonté claire
de l'Etat sur l'intégration de nouveaux savoirs, sur la création d'espaces
de discussions ouverts aux professionnels, aux élus, aux acteurs sociaux,
aux associations et à l'opinion publique.
L'accréditation en psychiatrie (A. Depaigne) Ce travail s'est
proposé de saisir les multiples enjeux de la rencontre entre la
psychiatrie et la démarche d'accréditation des établissements de santé. Il
s'appuie à la fois sur une enquête qualitative et des données
quantitatives. En premier lieu, la recherche a montré que la démarche
d'accréditation, contrairement à l'hypothèse, n'était pas incompatible
avec les pratiques et les modèles d'action de la psychiatrie. Elle a
mis en évidence que, plus que les exigences de formalisation de pratiques,
en matière de tenue du dossier ou de vigilances sanitaires, ce sont les
impératifs relatifs aux droits et à la dignité du patient qui constituent
des points de conflit entre psychiatrie et accréditation. Par ailleurs,
les oppositions concernent en réalité moins des types d'établissement que
des personnes et des groupes exerçant des fonctions et occupant des
positions différentes à l'intérieur même des établissements. Une typologie
des "zones" de l'hôpital se dégage, construite selon l'incidence de
l'accréditation et l'appropriation de la démarche, qui peut aussi bien
être ignorée que devenir un nouvel outil de gestion. Mais dans un contexte
de crise du secteur hospitalier, les énergies mobilisées s'épuisent, voire
tendent à se retourner contre la démarche d'accréditation.
|
MiRE. Recherches
en Santé Mentale
|
| I. ORGANISATION DE LA PRISE EN
CHARGE |
Christian LAVAL. Les réaménagements de la relation d'aide à
l'épreuve de la souffrance psychique L'exemple du dispositif
du RMI en région Rhône-Alpes. (Terminé)
|
Lise DEMAILLY. Les modes de coordination entre professionnels
dans le champ de la prise en charge des troubles psychiques. (fin
2004)
|
| Michel JOUBERT. Les recours volontaires en urgence à la
psychiatrie : un marqueur des problèmes de prise en charge de la
souffrance psychique dans le système français de santé mentale. Le
système des urgences en santé mentale sur la région Ile de France.
(fin 2004) |
Réseaux
|
G. NEYRAND. Quelle prévention des troubles de la relation
parentale précoce ? Acteurs et contexte institutionnel. Le
développement d'un réseau et d'un dispositif de "périnatalité
psychique" dans les quartiers Nord de Marseille.
(Terminé).
|
Nadia YOUNES. Evaluation de l'efficacité d'une prise en charge
en réseau pour les soins des patients déprimés des Yvelines Sud.
(fin 2004)
|
Marie Christine HARDY-BAYLE. Réseau de recherches en santé
mentale Sud Yvelines. (fin 2004)
|
| Isabelle MAILLARD. Réseau de santé mentale et adolescents : le
cas Sud Yvelines. (fin 2005) |
Secteurs
|
| Nicolas HENCKES. Innovations organisationnelles et impératifs
gestionnaires dans la sectorisation psychiatrique : l'organisation
sociale de la psychiatrie dans un département français. (fin
2004) |
Services
hospitalo-universitaires
|
| Julie DESCELLIERS. Pratiques de prise en charge et de recherche
sur les schizophrénies ; ethnologie d'un dispositif
hospitalo-universitaire. (fin 2005) |
Accréditation
|
| Anne DEPAIGNE. Accréditer la psychiatrie ? L'entrée en scène
d'un nouvel instrument d'action publique. (Terminé) |
| II. LES
PROFESSIONNELS |
Délégués de
tutelle
|
| Janine BACHIMONT, Martine BUNGENER. Les personnes adultes
souffrant de troubles mentaux sous protection juridique -Conditions
de vie et rôle des délégués de tutelle. (Terminé) |
Psychologues
|
| Anne Golse. Transformation de la psychiatrie et pratiques des
psychologues. (Terminé) |
Psychiatres
|
Patrice PINELL. Analyse sociologique de l'évolution de la
formation des psychiatres en France (1970-2000). (Terminé)
|
Jacques MICHEL, Pauline RHENTER. Politiques de santé mentale et
cultures professionnelles. (Terminé)
|
Psychothérapeutes
|
| Françoise CHAMPION. Les "psychothérapeutes non académiques"
entre champ de la santé mentale et marché du mieux-être. (fin
2004) |
Médecine
générale
|
| Hélène VERDOUX. Connaissances et représentations de la
schizophrénie en médecine générale et scolaire. (fin 2004) |
Claudie HAXAIRE. Représentations de la santé mentale et de la
souffrance psychique par les médecins généralistes (Finistère et
Cotes d'Armor). (fin 2004)
|
Pierre VERGER. Déterminants de l'hétérogénéité des pratiques de
prise en charge des problèmes de santé mentale en médecine de ville
: étude des prescriptions d'antidépresseurs dans le cadre d'un panel
représentatif de médecins généralistes libéraux de la région PACA.
(fin 2004)
|
| Karen RITCHIE. Etude de la prise en charge des troubles mentaux
et de la prescription de psychotropes en médecine générale :
perspectives des médecins et des patients. (fin 2004) |
| III. LES USAGERS DE LA SANTE
MENTALE |
| Martine BUNGENER. La connaissance de la population souffrant
d'atteintes psychiques ou mentales dans l'enquête HID : premières
approches. (fin 2005) |
Trajectoires
|
Livia VELPRY. La prise en charge de personnes souffrant de
troubles mentaux graves et vivant en milieu ordinaire.
(Terminé)
|
Livia VELPRY. Les personnes suivies pour troubles mentaux graves
: modes de vie et itinéraires de prise en charge. Recherche sur un
secteur parisien. (fin 2004)
|
| Marie-Odile KREBS. Analyse des trajectoires de soins et des
parcours des patients souffrant de troubles psychotiques. Etude
préalable à la mise en place d'un réseau de soins et de détection.
(fin 2005) |
Place des
usagers
|
Madeleine MONCEAU, Marcel JAEGER. La contribution des usagers à
la politique de santé mentale. (Terminé)
|
Nicolas DODIER. Les transformations de la place des usagers des
services de santé mentale. (fin 2004)
|
| Clément BONNET. Associatif et santé mentale. (fin 2004) |
| IV. AUTRES |
| Sylvie BIAREZ. Quelle politique pour la santé mentale ?
(Terminé) |
Traumatisme
psychique
|
Bernard DORAY. Traumatismes : vie et transfigurations actuelles
d'un concept de la psychopathologie dans quatre champs du social.
(Terminé)
|
Didier FASSIN, Richard RECHTMAN. Traumatisme psychique et
victimologie psychiatrique. Nouvelles figures et nouvelles pratiques
en santé mentale. (Terminé)
|
| Didier FASSIN et Richard RECHTMAN. Les usages sociaux du
traumatisme psychique. Enjeux d'un catégorie réinventée de la santé
mentale. (fin 2004) |
Bibliographie Publications de la DREES
"Etudes et résultats" (E&R) "Les personnes suivies
régulièrement pour troubles psychiques ou mentaux" : E&R N° 231, avril
2003 (exploitation enquête HID). "Les usagers des urgences, premiers
résultats d'une enquête nationale" : E&R N° 212, janvier 2003
. "Les personnes hospitalisées en psychiatrie en 1998 et en 2000" :
E&R N° 206, décembre 2002 (exploitation enquête HID). "L'évolution
des suicides sur une longue période : le rôle des effets d'âge, de date et
de génération" : E&R N° 185, août 2002 "La santé mentale et le
suivi psychiatrique des détenus accueillis par les SMPR" : E&R N° 181,
juillet 2002 "L'activité des établissements de santé en 2000 : des
évolutions diverses selon les secteurs hospitaliers" : E&R N° 177,
juin 2002 "La mobilité des professionnels de santé salariés des
hôpitaux publics" : E&R N° 169, avril 2002 "Une typologie des
secteurs de psychiatrie générale en 1999" : E&R N° 163, mars
2002 "La démographie médicale à l'horizon 2020 : une
réactualisation des projections à partir de 2002" : E&R N° 161, mars
2002 "Un exercice de projection de la démographie médicale à l'horizon
2020 : les médecins dans les régions et par mode d'exercice" :
E&R N° 156, février 2002 "La mortalité liée à l'imprégnation
éthylique chronique en France en 1998" E&R N° 153, janvier 2002
(données régionales) "Les médecins hospitaliers depuis le milieu des
années 80 : davantage de débuts de carrière à l'hôpital" : E&R N° 145,
novembre 2001 "L'offre de soins en psychiatrie : des 'modèles'
différents selon les départements" : E&R N° 48, janvier 2000 :
étude réalisée à partir de SAE 97
Documents de travail : Série Etudes n° 32 mai 2003 : les
secteurs de psychiatrie infanto-juvénile en 2000 Série Etudes n° 9
janvier 2001 : les professions de santé : éléments d'informations
statistiques Série Etudes et Statistiques n° 21 mai 2000 : les
secteurs de psychiatrie infanto-juvénile en 1997 : analyse des évolutions
entre 1989 et 1997 à partir des rapports de secteur Série Etudes et
Statistiques n° 20 mai 2000 : les secteurs de psychiatrie générale en
1997 : analyse des évolutions entre 1989 et 1997 à partir des
rapports de secteur Série Etudes et Statistiques n° 17 janvier 2000 :
la psychiatrie dans les hôpitaux publics et privés en 1997 Série
Statistiques n°52 mai 2003 : Les professions de santé au 1er janvier 2003-
Répertoire ADELI Série Statistiques n°44 décembre 2002 : Les médecins :
estimations au 1er janvier 2002 Série Statistiques n° 2 juin 2000 :
Bilan de la sectorisation psychiatrique
Dossiers Solidarité et Santé Coldefy M., Bousquet F. : "Une
typologie des secteurs de psychiatrie générale en 1999", n°2, avril-juin
2002.
Collection "Etudes et statistiques" "Données sur la situation
sanitaire et sociale en France en 2002", La Documentation française,
Paris, 2003.
Publications de la MiRe
Les Cahiers de Recherche de la MiRe - Santé mentale, nouveau
programme. N°9, juin 2000, p.3-11 - Résultats d'appel à proposition de
recherches Santé mentale 2000 et résumé des projets sélectionnés. N°12,
août 2001, p.24-31 - Sciences biomédicales, Santé, Société
CNRS/Inserm/MiRe. Appel à projets de recherche 2002 . N°13/14,
janvier-juin 2002, p. 29-30 - Présentation des résultats de l'appel
d'offres Santé mentale MiRe 2002. N°15, mars 2003, p. 52-60 - Patrice
Pinell. Analyse sociologique de la formation des psychiatres en France
(1968-2000). N°15, mars 2003, p. 20-33 - Sylvie Biarez. Quelle
politique pour la santé mentale ? N°15, mars 2003, p. 34-37 - Livia
Velpry. Les personnes souffrant de troubles mentaux graves : itinéraires
de prise en charge et modes de vie. N°15, mars 2003, p. 16-19 - Anne
Lovell, A. Ehrenberg,. Nouvelles stratégies en biologie et psychiatrie.
Séminaire "Sciences sociales, Psychiatrie, Biologie". N°15, mars 2003, p.
83-88
Les rapports des recherches soutenues par la Programme Santé Mentale
de la MiRe - Livia VELPRY. Les personnes souffrant de troubles
mentaux graves et vivant en milieu ordinaire. Convention MiRe n°4/01.
Novembre 2001 - Sylvie BIAREZ. Quelle politique pour la santé mentale.
Convention MiRe 27/00. Mars 2002 Patrice PINELL. Analyse sociologique
de l'évolution de la formation des psychiatres en France (1968-2000).
Convention MiRe n°28/00. Juin 2002 - Janine BACHIMONT, Martine
BUNGENER. Les personnes adultes souffrant de troubles mentaux sous
protection juridique -Conditions de vie et rôle des délégués de tutelle.
Convention MiRe 32/00. Octobre 2002 - Didier FASSIN, Richard RECHTMAN.
Traumatisme, victimologie et psychiatrie humanitaire. Nouvelles figures et
nouvelles pratiques en santé mentale. Convention MiRe 26/00. Octobre
2002 - Anne GOLSE. Transformation de la psychiatrie et pratiques des
psychologues. Convention MiRe 22/00. Novembre 2002 - Christian LAVAL.
Les réaménagements de la relation d'aide à l'épreuve de la souffrance
psychique et sociale L'exemple du dispositif du RMI en région
Rhône-Alpes. Convention MiRe. Novembre 2002 - Anne DEPAIGNE. Accréditer
la psychiatrie. Les premiers pas d'un nouvel instrument d'action publique.
Convention MiRe 10/01. Février 2003 - Gérard NEYRAND. Quelle prévention
des troubles de la relation parentale précoce ? Acteurs et contexte
institutionnel. L'exemple des quartiers Nord de Marseille. Convention MiRe
17/00. Avril 2003.
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